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Compte rendu de l’audience avec le préfet le 13 mai 2026

Compte rendu de l’audience avec le préfet du 13 mai 2026

Au regard des tensions qui existaient depuis la semaine dernière concernant l’inauguration de la Cité administrative de Toulouse, le préfet a proposé une audience aux organisations syndicales signataires des tracts d’appel à la mobilisation (CGT, FSU, Sud/Solidaires). Cinq représentant·es des personnels étaient présent·es, ainsi que les directeurs de la DEETS, de la DREETS et des Finances publiques. En toute transparence, nous vous relatons ci-dessous le contenu des échanges.

OS  : depuis la semaine dernière, nous sommes en lien avec vos services, via les renseignements territoriaux, au sujet de l’inauguration de la cité administrative. Vous avez la volonté d’inaugurer avec un nom proposé, sans avoir sollicité les OS et les personnels. Nous sommes en désaccord total sur le nom choisi, en lien avec un autre âge. L’inauguration est imposée, forcée, mal vécue. À deux reprises, la veille pour le lendemain, on a demandé aux fonctionnaires de reporter leur rendez-vous avec les usagers. Concernant l’action de Michel Debré au sujet de la déportation des enfants de la Réunion, nous avons communiqué avec les acteurs de ce dossier et les premières réactions n’ont pas tardé.

Préfet  : l’ancienne Cité administrative était délabrée et le plan gouvernemental a permis d’en faire un lieu plus adapté. La volonté a été d’offrir des conditions de travail améliorées aux agents publics, avec un investissement de 94 millions d’euros. L’administration est légitime dans son choix et assume pleinement le nom de Michel Debré pour des raisons historiques. Issu d’une famille juive, Michel Debré a été décoré pour des actes de résistance, la mairie réfléchit à appeler le square attenant Lemaresquier. Il faut surmonter les zones d’ombre dans le regard des grandes figures politiques. François Mitterrand, par exemple, avait été décoré de la Francisque par le maréchal Pétain : cela n’empêche pas qu’il y ait des allées, des places François Mitterrand. Le choix de Michel Debré est également cohérent par rapport aux questions du racisme et de l’antisémitisme, actuellement au cœur de l’actualité dans notre pays.

OS  : pourquoi n’y a-t-il pas eu un processus de consultation sur le choix du nom, comme dans d’autres cités administratives, à Lille par exemple ? Nos collègues ainsi que des responsables de services s’interrogent sur ce choix par rapport à la question féministe, la question coloniale, l’appréciation du rôle du fonctionnaire dans le passé de M. Debré ? Il y a une loi mémorielle et de réparation en cours de vote sur des actes auxquels Michel Debré a participé à la Réunion. Nous ne comprenons vraiment pas ce choix.

Préfet  : l’histoire contemporaine est contrastée chez la plupart des personnalités politiques. C’est le premier ministre qui a choisi le nom. Le raisonnement vaudrait quelle que soit la personne. Je respecte votre point de vue mais je ne le partage pas.

OS  : nous n’avons pas la même vision, s’agissant d’un homme qui a soutenu la peine de mort, lutté contre la loi Veil sur l’IVG, son soutien à l’Algérie française, ses agissements à la Réunion…
Préfet : la Cité aurait dû être baptisée depuis des mois mais le calendrier gouvernemental ne l’a pas permis. Le choix de M. Debré a un lien avec la ville de Toulouse où sa famille et lui ont vécu, avec la Fonction publique, avec la résistance.

OS  : nous souhaitons vous parler de nouveau de l’utilité, selon nous, de créer une formation spécialisée de site à la cité administrative, revendication vieille de près de 30 ans.

Préfet  : je m’étais engagé à deux réunions par an avec les représentants des personnels. Une a eu lieu en février dernier. Je vous propose de tenir la prochaine début septembre.
Il y a des malfaçons à traiter à la Cité. Nous abordons ces sujets en conseil de Cité. On suit tous les désordres et on les règle, soit avec le constructeur quand cela relève de sa responsabilité, soit nous même si ce n’est pas le cas.

OS  : ces problématiques tournent souvent à la partie de ping-pong entre la préfecture et les responsables d’administrations. Et nos collègues nous relancent régulièrement en nous demandant qui fait quoi, et nous sommes bien en peine de leur répondre, puisque dans les instances des différentes administrations, la réponse est souvent : « ce n’est pas de notre compétence, c’est Agile ou bien, c’est la préfecture ». Nous souhaitions porter à votre connaissance que lors d’une réunion des représentants des personnels du ministère des Finances avec le ministre de l’Action et des comptes publics, M. Amiel, le ministre a évoqué la possibilité d’expérimenter la formation spécialisée de site dans deux ou trois cités administratives. Nous souhaiterions que vous portiez la candidature de celle de Toulouse pour cette expérimentation.

Préfet  : je prends acte de votre volontariat, je vais saisir le ministre pour avoir des précisions sur les propositions. Pour moi, il faut traiter dans cette instance, si elle voit le jour, uniquement des sujets transverses et ne pas remettre en cause le dialogue social des différentes administrations. Si l’on reste bien sur le traitement des sujets transverses, je n’y suis pas opposé.

OS  : cela veut donc dire que vous êtes favorable à la Formation spécialisée de site ?

Préfet  : si je dis que je fais remonter ce sujet, c’est que je n’y suis pas opposé. Je vais écrire au ministre sur le volontariat des Toulousains, avec une formalisation indispensable du respect des instances de dialogue social de chacune des administrations. Dans l’attente, nous organiserons la réunion informelle de septembre et je demande au secrétaire général de suivre et communiquer aux représentants des personnels sur l’avancée des dossiers en cours. Par ailleurs, les responsables d’administrations sont destinataires dans les conseils de Cité de tout une batterie d’informations sur le suivi des sujets en cours de règlement qu’ils peuvent vous communiquer au sein de vos instances respectives.

OS  : nous souhaitons également appeler votre attention sur les incidences négatives de la circulaire Borne sur la réduction de la surface par agent en matière d’immobilier de l’État. Par exemple, l’installation du centre d’appel des Amendes dans des surfaces de 8 m² par personne, alors que la norme antérieure préconisait 15 m². Un autre exemple, des responsables de service ont dû s’arracher les cheveux pour trouver des locaux disponibles pour dérouler les entretiens d’évaluation annuels, puisque maintenant, ils ne sont plus dans des bureaux individuels.

Préfet  : c’est effectivement un sujet. Des services qui reçoivent des effectifs supplémentaires connaissent des problèmes pour installer les nouveaux collègues.

OS  : d’autant que la question des effectifs manquants est marquante dans toutes nos administrations.

Préfet  : la démographie toulousaine fait que je suis en accord avec vous, je l’ai dit publiquement et je le dis à chaque ministre qui vient dans le département. Il y a là un sujet, plus 5 800 habitants par an à Toulouse, seulement plus 500 à Lyon.

OS  : cela pose également le sujet de l’indemnité de résidence, revendication aussi ancienne que la revendication d’une formation spécialisée de site.

Préfet  : elle est même encore plus ancienne. Je l’ai déjà relayé, je ne prends pas d’engagement de résultat mais il faut encore le relayer. Pour conclure, on a mis beaucoup d’argent dans la Cité et il faut qu’on arrive à régler les problématiques.

OS  : dernière chose, vous n’allez pas réprimer les agents publics qui manifesteront leur mécontentement demain ?

Préfet  : je vais faire un discours républicain. Nous devons nous respecter. S’il y a utilisation du mégaphone et des casseroles pendant le discours, je ferai cesser le désordre.

Fin de l’audience

Article publié le 22 mai 2026.


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